Fédération des Ateliers de Psychanalyse (Association régie par la Loi de 1901)
Manifeste du 8 Janvier 2004
Les participants psychanalystes de la Fédération des Ateliers de Psychanalyse déclarent refuser l’amendement Accoyer, refuser le symptôme actuel d’un Etat affolé devant tout vide juridique, symptôme d’un Etat qui crée de l’insécurité psychique en plus de l’insécurité économique, pour décider arbitrairement ensuite du service public de soins et justifier le renforcement de la gestion de l’intime.
Nous offrons à tous une psychanalyse ouverte à une singularité souvent bafouée par une histoire précoce. Nous n’en n’excluons ni tous ces insécurisés, selon leur si faibles moyens et sans l’aide de la Sécurité Sociale pour la majorité d’entre nous, ni tous les rejetés de la normalisation, de la pseudo intégration par une société qui dénie la grande souffrance psychique dite « folie » au nom de la norme appelée « santé ».
Nous tenons à garder une position de « travailleurs indépendants » puisque nous œuvrons à une psychanalyse affranchie des grandes écoles et des notabilités, trop marquées par une tradition médicalisée, traître à une « Laïenanalyse » définie par Freud comme « science de l’âme » permettant l’accès aux richesses de l’Inconscient à tous et à chacun.
Nous refusons qu’une liste d’adhérents à une Association de Psychanalystes fasse office d’habilitation, car nous savons - tout autant que le moindre des notables des Sociétés de Psychanalyse - qu’il n’existe aucune garantie institutionnelle possible de la qualité de la pratique d’un psychanalyste, pas plus que d’assurance contre ses dérives.
Nous sommes favorables à la proposition de la création d’une association réunissant les psychanalystes de tous horizons qui restent soucieux de garder vis-à-vis de l’Etat leur radicalité, leur liberté du penser comme du faire.
Nous refusons de partager cette pantalonnade qui consiste à livrer, tels les Bourgeois de Calais, notre liste d’adhérents détournée en liste d’agrément, à l’Etat ou à ses notables affidés.
Nous qui, du débutant à l’ancêtre, sommes liés, à l’intérieur de la Fédération des Ateliers de Psychanalyse, par un souci d’échange, de travail, de recherche et de transmission pour tout ce qui concerne la psychanalyse, proposons à chacun la signature de ce manifeste aux fins de le rendre public.
Ainsi nous, psychanalystes dont les noms suivent, ce qui ne constitue pas une liste d’habilitation, sommes fiers de ne pas soumettre l’étrange expérience de la psychanalyse à quelque souveraineté qui soit en dehors de celle du transfert qui en est la pierre angulaire.