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Le vif de la psychanalyse ou la psychanalyse à vif

exposé du 22 mai 2008

par Françoise Abel


J’aimerai repartir de la question du rêve quand il est évoqué par « j’ai rêvé de ». Aujourd’hui les neurosciences ont retourné cette énonciation : « en fonction de telle aire, le rêve se produit ». Le discours scientifique est « hors sujet » ; se répète ici la mise à distance du corps propre comme je l’ai déjà souligné le 17 Avril. Cela s’entend aussi chez des patients qui s’expriment ainsi : « mon ICS m’a fait rêver ». Nous ne sommes pas dans une perspective de sujet divisé mais plutôt de sujet clivé, non responsable, débarrassé de la culpabilité, apparemment bien sûr.

Les neurosciences ne prennent pas en compte la subjectivité alors que les réponses des aires différenciées sont innovantes, ré entrantes, utilisant un lobe préfrontal souvent identifié comme tour de contrôle tandis qu’il s’agit plutôt d’une plaque tournante.

Freud n’a pas publié « L’Esquisse » ne pouvant expliquer le psychisme par la neurophysiologie. L’incertitude de la représentation, a donné lieu à sa théorie marquée du signe de l’équivoque. Le « désir de savoir » de la Cs naît, en refoulant la pulsion sexuelle ; ainsi « connaître c’est aussi éviter de connaître le refoulé » ; c’est un impensé de l’approche cognitiviste qui évite le sexuel, comme si la cognition émergeait de la cognition seule, ignorant l’Ics comme moteur de recherche. On pourrait y voir une analogie avec l’ego psychologie et son moi autonome.

Se dessine à l’horizon le rêve de vivants, qui, comme des machines se dupliqueraient, dans un réductionnisme où l’hérédité psychique devient génétique déniant les processus identificatoires et la dimension du fantasme. Dans cette perspective machinique, le corps s’efface, en tant que corps d’un sujet, quand, dans un traitement médical, les examens suffiraient sans même rencontrer le patient malade.

Privilégier l’inanimé obère le sexuel, dans le même temps la vie s’éternise hors la pulsion de mort quand la science médicale promet la résurrection sur terre avec greffes voire remplacement de gènes et peut-être un jour clonage. Quand elle n’est plus corrélée au langage la sexualité devient l’objet d’une sexologie naturaliste sans prise en compte des rites sociaux inhérents à des sujets qui naissent de l’expérience.



[Article mis à jour le 14 mars 2009)