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Le vif de la psychanalyse ou la psychanalyse à vif

exposé du 22 mai 2008

par Catherine Debeugny


Je commencerai par rappeler quelques points qui ont amorcé une discussion lors de notre dernière réunion : quelle place l’approche des neurosciences laissent-elles à la subjectivité, à l’Autre ? La réactivité des neurones miroirs est-elle assimilable à l’empreinte de l’Autre ? Nous avons tenté de montrer combien l’inconscient, dans l’approche cognitive et neuropsychologique, différait de l’inconscient freudien ; comment la notion de refoulement, prise dans un sens déficitaire, manque à saisir la question du sens et de l’histoire pour un sujet. Et, plus globalement, le sexuel demeurant étonnement exclu de ces approches neuroscientifiques, celles-ci nous semblaient dessiner en perspective, tant l’espoir naïf d’une totale transparence (réparation de la troisième funeste blessure narcissique, après celles qu’infligèrent Copernic et Darwin) que le projet calamiteux d’un homme standardisé, mécanisé – et donc réparable à moindre coût. L’assimilation de la psychanalyse par les neurosciences serait-elle soluble dans l’Économie ?

Y a-t-il une neuro psychanalyse ? La société internationale de neuro-psychanalyse a été fondée à Londres, en 2000, dans le but de promouvoir un travail interdisciplinaire. Selon ses fondateurs, la psychanalyse et les neurosciences poursuivraient une même tâche initiée par Freud dès l’Interprétation des rêves : « parvenir à rendre la complexité du fonctionnement mental intelligible en en disséquant les fonctions et en assignant ses différents aspects à des parties différentes de l’appareil psychique ». Pour autant, les approches sont radicalement différentes et la moindre tentative d’homologation d’un champ par l’autre semble relever de l’illusion : comment basculer du réseau neuronal au subjectif ? Si la compréhension de plus en plus fine des implications génétiques et épi-génétiques furent prépondérantes dans la compréhension de la formation des organes, cerveau y compris, c’est désormais le concept de plasticité qui fait figure de nouveau paradigme, affranchissant ainsi le modèle génétique du déterminisme qui l’affectait. La notion de plasticité autorise à penser la singularité : le cerveau ne produit pas la pensée comme le foie sécrète la bile parce que cet organe, contrairement au foie, ne cesse de se transformer au plus profond de sa structure : toutes expériences y laisse une trace ; reste à savoir si cette trace synaptique est du même ordre que la trace mnésique, celle du temps où Freud n’avait pas renoncé (y compris jusqu’à « L’Abrégé… ») à une approche neurophysiologique. D’ailleurs on peut s’interroger sur ce prétendu renoncement que L. Naccache interprète en terme d’abandon. Pour nous il s’agirait plutôt d’un choix méthodologique quant à ce qui l’intéressait.



[Article mis à jour le 14 mars 2009)

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