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Un malheur de Malher

par Pierre Babin


Il est arrivé un malheur dans la vie de Gustav Mahler.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, dans le malheur de Gustav Mahler, il faut compter le malheur de sa mère Maria.

Maria Bondy épouse de Bernhard Mahler a mis au monde quatorze enfants. Huit sont morts en bas âge, un neuvième s’est suicidé. Gustav est le second enfant né, il succède d’à peine un an au premier enfant mort. Le troisième, Ernst, meurt à treize ans. Mahler en a quatorze.

Ici commencent les Kindertotenlieder. Il n’y a pas de deuil possible d’un enfant mort. Il y a un trou dans le corps. Pas seulement un manque, un trou réel.

Rescapé, c’est la veille de la création de sa huitième symphonie, dite “Symphonie des Mille”, le 12 septembre 1910 à Munich devant l’élite culturelle de l’Europe, que Gustav Mahler rencontre Sigmund Freud, à Leyden en Hollande, où il se trouve de passage avant un congrès de psychanalystes.

Non pas à Vienne dans son bureau de la Berggasse, pas si éloigné de l’Opéra dont Gustav Mahler était le directeur. Pas en consultation mais en visite arrangée par un intermédiaire. A l’amiable, pourrait-on dire. Mais quand il s’agit de Mahler et de malheur, y a-t-il tant de place que ça pour l’amiable et l’aimable ?



[Article mis à jour le 13 octobre 2008)