APRÈS-MIDI DÉBAT avec Cécile SALES autour de son livre VOUS ÊTES SALE… JE PEUX TOUT VOUS DIRE
Itinéraire d’une psychanalyste (Editions Le Félin, Les marches du temps, 2010)
le samedi 24 septembre 2011 de 15 h 00 à 17 h 30 au 18 rue de Varenne, 75007 Paris (code de la porte : 8474)
Discutantes : Chantal Weizmann et Marie-Jeanne Gendron-Garnier
Qu’est-ce qui fait que Cécile Sales, écrivant un livre sur son itinéraire de psychanalyste, intéresse Le Canard Enchaîné et d’autres* ? Et qu’est-ce que son livre apporte de nouveau ou de surprenant au monde ? à la psychanalyse ? et aux Ateliers de Psychanalyse ? Cécile Sales n’était pas connue et voilà qu’elle reçoit quantité de lettres de lecteurs sur le ton de la reconnaissance, voire même du soulagement « Enfin ! » Les psychanalystes ne seraient donc pas, ou pas seulement, des gens prétentieux ou vantards, qui savent tout mieux que tout le monde ? Ce serait donc avant tout des chercheurs ? On en trouverait même parfois qui ne craindraient pas les taches, quelle qu’elles soient ! Des artisans les mains dans le cambouis** ! Certains artistes disent même que le cambouis serait une matière intéressante à travailler.
Etre analyste c’est être chercheur, être chercheur nécessite un peu de modestie parce que rien ne garantit d’être chaque fois trouveur, loin de là. Et si l’un des secrets était l’art de savoir toujours rester sincèrement analysant après avoir quitté le cadre analytique ?
Cécile Sales le fait, à sa façon, courageuse et directe, avec une écriture fine et pleine de décence.
Nous vous invitons à lire ce livre et à venir partager avec nous vos questions et réflexions.
Marie-Jeanne GENDRON-GARNIER
* Voir article du 11 août 2010 ci-dessous
** Cambouis (Le Petit Robert) : origine inconnue. Graisse, huile noircie après un usage prolongé dans les rouages d’une machine ou d’un véhicule.

4e de couverture : Quand un patient m’a dit un jour, jouant sur mon nom : « Vous êtes sale et je peux tout vous dire... », j’ai souri en moi-même et n’ai évidemment rien répondu. Mais cet homme, qui se décidait enfin à parler de « choses sales » me renvoyait sans te savoir à ma propre analyse, il y a des dizaines d’années. Quelle que soit en effet la distance nécessaire à laquelle le psychanalyste est contraint pour le déroulement de la cure, il reste tributaire de son histoire personnelle, des malheurs, chagrins, blessures, des tragédies parfois qui l’ont marqué et des événements qui continuent de l’affecter. On n’exerce pas ce métier par hasard, et chaque psychanalyste, avant de devenir le traducteur de l’inconscient a dû se confronter à l’épreuve de la cure, non seulement par obligation professionnelle mais en raison de sa propre souffrance. Evidemment, le psychanalyste ne raconte pas sa vie à l’analysant même si celui-ci perçoit de nombreuses facettes de sa personnalité. En fin d’activité - ce qui est mon cas - ils sont fort rares à évoquer leur propre cheminement et leur constant effort d’introspection dans l’écoute de leurs patients. Seule la connaissance continue qu’il a de lui-même et la perception de la place qu’il occupe lui permettent d’affronter les enjeux passionnels de la cure. C’est ce que j’ai tenté de faire dans ce texte qui est à la fois la mise à nu de ma propre analyse et la manière dont j’ai exercé ce métier avec ses réussites et ses échecs. Voilà ce que j’étais, voilà ce que je suis. Mon seul outil, c’est moi-même et la relation que je noue avec l’autre et qu’il noue avec moi. J’ai écrit ce livre pour tous ceux - analysants ou non - qui veulent saisir le cœur de l’expérience analytique.
