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le 4 décembre 2010, de 14 h 30 à 17 h 30, Pierre KAMMERER, L’enfant et ses traumatismes, discuté par Heitor O’Dwyer de Macedo


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Pierre Kammerer viendra nous présenter son dernier livre où il expose d’une façon très didactique les difficultés que l’on rencontre dans les cures où les enjeux de « réelle réalité » sont au-devant de la scène.

La particularité de ces cures est qu’elles sont réalisées dans une institution publique, lieu qui accueille aujourd’hui bon nombre d’analystes qui ont de la peine à créer une clientèle en clinique privée.

Par ailleurs il démontre - oh combien - il est possible, malgré les contraintes d’un tel dispositif de faire un vrai travail psychanalytique. Il est vrai que pour cela l’analyste est souvent amené à prendre des décisions qui contreviennent à une certaine idéologie qui a cours aujourd’hui dans les établissements qui s’occupent de la souffrance psychique.

Heitor O’DWYER de MACEDO

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Compte rendu de l’après-midi de travail autour du livre de Pierre Kammerer, « L’enfant et ses traumatismes »

Dans la présentation de son livre Pierre Kammerer a privilégié la problématique des interventions du psychanalyste dans la réalité. Il a démontré comment ses interventions étaient intriquées au transfert, et comment sans elles la cure n’aurait pas pu se poursuivre. Dans son introduction à la discussion Annie Topalov qualifiera ces interventions d’actes analytiques. Elle remarquera que, dans ces cures, Pierre Kammerer travaillait aussi avec les parents des enfants – contrairement à la pratique courante qui veut que les parents soient suivis par un autre thérapeute que celui de l’enfant.

En pièce jointe vous trouverez la présentation de Pierre Kammerer et l’introduction d’Annie Topalov à la discussion.

Les échanges ont commencé avec le rappel des difficultés de plus en plus grandes du travail en santé publique. La question a été soulevée de savoir si les interventions du thérapeute dans la réalité ne se sont pas multipliées aujourd’hui à cause des changements sociaux importants : par exemple, les signalements faits par l’école pour des raisons absurdes et ridicules.

Sur une question sur le travail avec les enfants de parents en grande précarité sociale et psychique, Pierre Kammerer a insisté sur l’importance pour l’enfant de s’appuyer affectivement et symboliquement sur d’autres adultes de référence, dont le thérapeute – même si la honte d’avoir des parents incapables d’assumer leur rôle est toujours à l’horizon.

Anna Angelopoulos s’interrogea si le travail du transfert comme Pierre Kammerer le formule peut déterminer un changement du récit du mythe personnel du patient. Kammerer était affirmatif ; pour l’enfant dont il nous avait parlé et dont le géniteur était meurtrier, l’enfant, identifié au compagnon de sa mère, désire prendre le nom de celui-ci à la majorité.

Une discussion passionnante s’est engagée sur les diverses formes de culpabilité, de celle déposée par l’agent du trauma à celles décrites par Melanie Klein et Winnicott : bonne et mauvaise culpabilité, bonne et mauvaise réparation. Quelqu’un a alors fait une remarque importante sur la participation de la sexualité dans les expériences traumatiques et pointé les difficultés du travail d’élaboration de cet aspect. La question est restée en suspens.

Radmila Zigouris a présenté un exemple d’une difficulté d’inscription et comment le thérapeute peut être appelé à faire avec le patient cette expérience de l’impossibilité d’inscrire. Les analystes présents partageaient l’idée que ces moments de sidération mutuelle peuvent être un premier accès à l’affect associé à l’expérience, affect jusqu’alors inaccessible.

Claire Gregoire, revenant sur la prise en charge des parents par le thérapeute de l’enfant, a évoqué une très belle histoire : une patiente adulte qui a complètement changé affectivement après avoir, sur invitation de son analyste, entendue de sa mère le récit de comment celle-ci, alors petite fille, avait vécu un épisode tragique de la deuxième guerre mondiale. C’était la première fois que cette femme racontait son expérience de détresse infantile à quelqu’un.

Claude Grosberg a fait remarquer « il n’y a pas que du trauma dans ces situations limites, mais aussi des enjeux narcissiques fragiles qui demandent une construction très rapide de l’analyste ». Pierre Kammerer a évoqué alors les défenses psychopathiques qui requièrent un lien transférentiel très fort avant que des interdits soient posés. Tout interdit prononcé avant qu’un lien soit reconnu est vécu comme une nouvelle carence.

Le dernier enjeu clinique parcouru à partir du livre de Pierre Kammerer fut celui de la régression dans la cure. On s’est interrogé si le refus de certains analystes d’intervenir dans la réalité, malgré les exigences du transfert, n’était pas une crainte d’avoir à accueillir la régression. Nous avons alors réfléchi sur les théories qui traitent de cet accueil. Il a été question de comment on peut avoir du mal à sortir de la régression (côté patient) ou d’y aller (côté analyste). Le travail de pensée nous a amené à esquisser une réflexion sur les différences entre la pratique du transfert des éducateurs et rééducateurs et celle du psychanalyste – différences pensable, entre autres, à partir de la place faite par chacun à la réalité. On s’est dit que faire dialoguer Ferenczi et Anna Freud pourraient nous aider à avancer dans ce sens.

Nous étions tous heureux de cette après-midi de travail.

Rapporteur : Heitor O’Dwyer de Macedo

On lira avec intérêt le complément que Pierre Kammerer a confié à Œdipe au sujet de cet ouvrage



[Article mis à jour le 18 novembre 2010)

Note

Au 18 rue de Varenne, 75007 Paris le samedi 4 décembre 2010 de 14 h 30 à 17 h 30