
SOIRÉE-DÉBAT le jeudi 24 novembre 2011 à 21 h 15 au 18 rue de Varenne, 75007 PARIS (code de la porte 7575) avec Philippe RÉFABERT, (co-auteur, avec Barbro SYLWAN) du livre Freud, Fliess, Ferenczi : des fantômes qui hantent la psychanalyse (Hermann, 2010)
Discutantes : Élisabeth ARRIGHI-MAUREL, Michelle BOURAUX HARTEMANN et Laurence ZAHND
C’est à une enquête que nous sommes conviés, « policière » et clinique qui a fait découvrir à nos auteurs les notions chères à Ferenczi bien avant que ses textes ne paraissent en France.
Ce livre retrace un parcours à plusieurs ; depuis Barbro Sylwan, en lien avec Nicolas Abraham et Maria Torok, rejointe par Philippe Réfabert. Ensemble et chacun, ils ont su allier plusieurs démarches entremêlées au travers d’une enquête historique et factuelle minutieuse et d’une réflexion clinique autour de Freud dans ses relations à Fliess et à Ferenczi.
Malheureusement nous regretterons l’absence de notre « Barbro » bien connue à la F.A.P. pour son compagnonnage avec Philippe Réfabert qui sera seul avec nous, ce soir là. Il mettra en perceptive ces découvertes avec ce qui aujourd’hui l’anime dans sa réflexion et sa clinique.
Ce livre offre donc des outils cliniques et conceptuels précieux pour notre pratique. Il est fondé sur une double démarche complètement intriquée, exigence intellectuelle et engagement aux côtés de l’analysant.
C’est un livre d’érudits passionnés, qui s’appuie sur une connaissance pointue des textes fondateurs de Freud, par des aller-retour entre les langues : l’allemand, l’hébreu, la langue des « voyous yiddish », le tchèque. Érudits qui n’étaient pas satisfaits de la façon dont le trauma était abordé à l’époque Apparaît tout à coup, un cheval à bascule qui fait reconsidérer toute l’histoire du petit Hans.
Apparaissent des rêves de Freud qui rendent compte du transfert de Freud à Fliess, dont Dora/Emma fait les frais.
Apparaît un secret de Mélanie Klein.
Apparaît enfin le drame familial de Freud, son père, son oncle… Philippe Réfabert étant là avec nous, nous pourrons alors lui demander d’où viennent cette curiosité, intuition, conviction qui les ont amenés à remettre en cause des textes fondateurs.
Nous demanderons comment, à partir d’un mot intriguant « Pietät », il arrive à débobiner tout un fil et par là même explorer l’abandon par Freud de la piste traumatique et l’oblitération de son drame d’enfant.
Barbro Sylwan et Philippe Réfabert insistent sur la nécessité d’entendre le drame de l’enfant dans l’adulte. Ils nous proposent de considérer avec respect et bienveillance les stratégies défensives construites par le sujet pour survivre au trauma. Au même titre qu’ils ne condamnent pas Freud pour ses omissions et ses fantômes, ils reconnaissent l’enfant Freud blessé, stupéfié, aux prises avec ses cryptes. Ils reconnaissent la révolution qu’a constituée l’apport de Freud dans la société germanique de l’époque.
Des notions leur sont chères, développées ensuite dans le livre de Philippe Réfabert de Freud à Kafka : la question du témoin présent ou absent le meurtre d’âme, le meurtre du témoin en l’autre l’enfant dans l’adulte le « qui fait quoi à qui ? » la question du paradoxe…
Ils nous permettent de redéfinir notre façon de travailler, selon que la question du trauma soit ou non prise en compte.
Élisabeth ARRIGHI-MAUREL, Michelle BOURAUX HARTEMANN et Laurence ZAHND
Participation aux frais de location de la salle : 10 €