« Écriture de soi, écriture des limites »
Organisation : Jean-François Chiantaretto (UTRPP, Université Paris 13) et le groupe de recherches « Littérature personnelle et psychanalyse »
Au-delà des différents genres ou sous-genres (autobiographie, journaux intimes, autofiction, etc.), au-delà de la diversité des textes et des auteurs, les écritures de soi mettent toujours en scène une tension entre deux positions psychiques : attester d’une identité (voilà qui je suis), témoigner d’une altération (voilà qui je suis empêché d’être). Cette tension se retrouve en chaque texte, chez chaque auteur et souligne la visée de l’écriture : la délimitation de soi, au sens d’un espace intérieur, d’un lieu singulier d’interlocution interne.
Une telle délimitation de soi prend une valeur et une signification spécifiques lorsque l’auteur témoigne dans l’écriture d’une expérience psychique d’effraction, d’implosion ou encore d’un vide en soi ou de soi. Il s’agit notamment des expériences traumatiques extrêmes, mettant en cause l’appartenance humaine du sujet, ou des traumatismes précoces, fragilisant la construction même de l’espace psychique – correspondant à ce qu’on peut nommer les pathologies des limites. L’écriture de soi prend alors littéralement fonction d’une écriture des limites, au double sens de porter les traces d’un effondrement, d’un effacement ou d’une déstabilisation des frontières de la psyché, et de l’effort de tracer ou retracer les limites d’un habitat psychique suffisamment vivable et vivant.
Le croisement de l’approche clinique et de l’approche littéraire est ici nécessaire, supposant la rencontre de spécialistes de la littérature, d’écrivains et de psychanalystes.
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