L’écriture
La prise en compte de la fonction de l’écriture dans la psychanalyse nous est imposée par la clinique – notamment par ces moments de cure où le passage à l’écriture s’impose de façon impérieuse, et avec une production parfois si envahissante qu’interroger la fonction de l’écriture ouvre sur les savoirs de la psychose.
Qu’y a-t-il donc de radical dans la dimension de l’écriture pour la psychanalyse ? Avant même d’être théorie, elle est indissociable de la dite « auto-analyse » de Freud, et elle en est le support. Elle s’impose depuis les débuts chez Freud, jusqu’aux ultimes développements de la pensée de Lacan ; depuis la Lettre 52, la thèse de la double inscription et la Note sur le « Bloc-notes magique », jusqu’à l’instance de la Lettre dans l’inconscient, la fonction littorale et l’écriture des Nœuds Borroméens ; depuis un système régi par un principe de traduction, jusqu’à une topologie qui tient aussi du dessin et de la manipulation.
Il ne s’agira pas des rapports de la psychanalyse à la littérature, mais d’une tentative pour éclairer à quel type d’opération et d’effectuation psychiques répond l’acte d’écrire.
Nous aurons à distinguer des articulations entre écriture, inscription et trace, de même qu’entre écrit, parole et voix – surtout si l’on veut situer au mieux la fonction de l’écriture dans une pratique qui opère par la parole. Jusqu’à quel point dès lors l’analyste devra-t-il se soumettre lui-même à un exercice de transmission écrite pouvant aller jusqu’à la publication de ses « écrits » ?